Maison

Dosage du mortier bâtard : quelles proportions de chaux, ciment et sable ?

Poudres blanches et matiere granuleuse melangees dans un bac

Le mortier bâtard associe du ciment, de la chaux et du sable. Il cherche un compromis entre la résistance du ciment et la souplesse de la chaux, avec une pâte agréable à travailler. Tout se joue dans le dosage : trop de ciment et le mortier devient rigide, trop de chaux et il perd en tenue. Voici les proportions à retenir, puis la méthode de gâchage et les cas d’usage.

Dosage du mortier bâtard : proportions chaux, ciment et sable

Le dosage classique pour un usage courant

La formule la plus citée est 1 volume de ciment, 1 volume de chaux, 8 volumes de sable, avec environ 1 volume d’eau. On la note 1:1:8. Pour mesurer, un seau, une auge ou une pelle suffisent, à condition de garder le même contenant pour les trois matériaux.

En poids, les fiches techniques convergent vers 350 kg de liant par m³ de sable sec, soit environ 200 kg de chaux et 150 kg de ciment. Autre repère de chantier : 1 sac de ciment et 1 sac de chaux pour 30 seaux de sable, avec 80 à 100 litres d’eau selon l’humidité du sable. La plage courante de liant va de 300 à 400 kg par m³, parfois jusqu’à 450 kg pour les mortiers les plus sollicités.

Dosage selon l’utilisation : montage, enduit, joints

Le dosage change avec la fonction du mortier. Le tableau ci-dessous donne des valeurs indicatives à ajuster selon le support, la chaux employée et la notice du fabricant.

Usage Dosage indicatif Ce que ça donne
Montage de parpaing ou de brique 1:1:8 (ciment : chaux : sable) Bonne résistance et pâte souple
Enduit sur gobetis ciment 300 kg de chaux + 150 kg de ciment par m³ de sable Enduit plus souple, moins de fissures
Joints et finition Plus de chaux que de ciment, sable fin Surface régulière, plasticité accrue

Pour un montage, on garde un mortier assez ferme qui porte les blocs sans s’écraser. Pour un enduit, on augmente la part de chaux afin de gagner en souplesse et en adhérence sur le support. Pour les joints, un sable plus fin donne un rendu plus net.

Exemple concret : 10 m² de mur en parpaing

Comptez de l’ordre de 15 à 20 litres de mortier par m² pour un parpaing de 20 cm, soit environ 180 litres (0,18 m³) pour 10 m². Avec 350 kg de liant par m³, cela représente 290 kg de sable, 36 kg de chaux, 27 kg de ciment et une trentaine de litres d’eau. Prévoyez une marge de 10 % pour les pertes : consultez le dosage précis pour un sac de ciment de 35 kg, sachant qu’1 sac de ciment de 35 kg et 2 sacs de chaux de 25 kg suffisent ici.

Comment préparer le mortier bâtard (gâchage)

Le gâchage se fait à la bétonnière ou à la main dans une auge. La bétonnière donne un mélange plus homogène, surtout pour de grandes quantités. Dans les deux cas, la régularité compte plus que la vitesse.

  1. Versez la moitié de l’eau dans la bétonnière, puis la moitié du sable.
  2. Ajoutez le ciment et la chaux, puis le reste du sable.
  3. Mélangez 3 à 5 minutes en complétant l’eau petit à petit.
  4. Laissez reposer quelques minutes, puis remalaxez brièvement avant emploi.

À la main, mélangez d’abord les éléments secs jusqu’à obtenir une couleur uniforme, puis creusez un cratère au centre et versez l’eau progressivement. Le mortier est prêt lorsqu’il tient sur la truelle sans couler. Un sable trop humide impose de réduire l’eau : le repère de 180 litres par m³ de mortier reste indicatif.

Quand utiliser du mortier bâtard ?

Ouvrier appliquant enduit truelle briques facade

Le mortier bâtard s’utilise surtout pour monter des murs en parpaing ou en brique, pour réaliser des enduits de façade à la chaux extérieurs et intérieurs, et pour rejointoyer. Il convient bien aux supports qui bougent légèrement, car la chaux apporte de la souplesse et limite les fissures. Il reste plus maniable qu’un mortier de ciment pur, ce qui facilite la pose et le lissage.

La nature de la chaux joue sur le résultat. La chaux aérienne rend le mélange très plastique mais durcit lentement au contact de l’air. La chaux hydraulique prend plus vite et apporte davantage de résistance, ce qui permet parfois de réduire la part de ciment. Pour les maçonneries anciennes en pierre tendre, on évitera un mortier trop riche en ciment, trop rigide pour ces supports.

Conseils, additifs et erreurs à éviter

Quelques additifs peuvent adapter le mortier aux conditions du chantier. Un retardateur allonge le temps de prise par temps chaud, un hydrofuge limite les remontées d’humidité pour un enduit exposé, et un adjuvant plastifiant améliore l’ouvrabilité sans ajouter d’eau. Respectez toujours les doses du fabricant : un excès dégrade la résistance.

La température influe aussi sur le résultat. Au-dessus de 30 °C, humidifiez le support et protégez le mortier du soleil pour éviter qu’il ne sèche trop vite. Sous 5 °C, mieux vaut reporter le chantier, car le gel casse la prise.

L’erreur classique : forcer sur le ciment

Beaucoup de bricoleurs ajoutent du ciment pour « faire plus solide ». Le mortier devient alors rigide, sujet aux fissures et moins respirant. Un dosage trop riche en eau produit l’effet inverse : un mortier faible et poreux.

Autres erreurs fréquentes : mesurer les volumes avec des contenants différents, utiliser un sable sale ou trop fin, gâcher plus que ce que l’on peut poser avant le début de la prise, ou remouiller un mortier déjà pris. Préparez des quantités que vous pouvez employer en une à deux heures, et vous garderez un mortier constant d’un bout à l’autre du chantier.

Partager cet article
Article publié par la rédaction de Maison Sereine.

A lire aussi

Laisser un commentaire —

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *